Textes et vidéo

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Ce que je cherche dans mon travail…

J’aimerais que la terre en la modelant finisse par dégager plus de silence que de matière,

que mes sculptures soient des images ouvrant des fenêtres sur l’invisible.

L’envie de remercier me donne l’élan.

Au cœur de l’incertitude retrouver la tendresse première.

Être là, approcher lentement et donner le relais à la terre et à l’impalpable.

Une pratique chaotique…mais Amoureuse !

Barbara

 

Le travail de Barbara Soïa est un acte pour traduire l’émerveillement.
C’est à la source de l’humilité et de l’écoute que naît son inspiration.
Grâce à la pureté du modelé, au jeu de la lumière, à la douceur de la surface, ses sculptures semblent pourvues d’une peau sensible.

Les visages et le corps émergent de la matière Terre comme s’ils participaient à témoigner d’une intensité intérieure, d’un silence, d’une profondeur: ils offrent au regard des images simples et universelles.

Rosine Saint Reims

 

  Lorsqu’on pénètre dans une exposition de Barbara Soïa, on est frappé par la richesse de ce qu’elle possède, par la richesse dont elle est faite.
Ce qu’elle possède, c’est le talent de traduire une quête vers un idéal au travers de fragments de corps en bronze.
«  Si je m’exprime à travers le corps humain, dit-elle, c’est pour faire ressortir l’outil parfait qui est à notre disposition, pour nous permettre d’évoluer vers un absolu. »
Mais cet absolu, pour elle, avoisine le chaos.
C’est celui-ci qu’elle fait apparaître, qu’elle nous donne à sentir par des cassures, des vides, qui sont présents en permanence dans ses œuvres.
Et elle a beau dire que « ces fragments, sont pour focaliser, mettre en scène, symboliser » que «  petit à petit ce chaos se lisse » il est, qu’elle le veuille ou non, partie prenante de son tout.
Mais pas plus qu’elle ne défend l’esthétique d’un corps, pas plus ne défend-elle le chaos pour agresser l’œil.
C’est cette capacité à exprimer ces antagonismes qui fait la richesse de sa production.

On la devine tendue vers son idéal, vers l’émerveillement. Cet émerveillement qui la nourrit et lui fait dire qu’elle a « une envie permanente de témoigner de la grâce, de l’amour, de la lumière » et que cette envie « ensemence » toute sa vie.

« Je suis tendue vers la grâce, dit-elle, mais je suis aussi capable de dégringoler vers le chaos ». Elle poursuit, citant Christian Bobin « Dans la lutte avec l’ange c’est en perdant que l’on triomphe ».
« C’est un travail sur la matière dont je suis faite , dans un dialogue intime avec le silence, la simplicité, la lenteur et la rectification constante ».

On parle généralement de sensibilité « à fleur de peau ».
Barbara Soïa, elle, n’est pas seulement effleurée par la sensibilité.
Celle-ci est en elle, profondément engravée, inoculée par la vie.

D.Imbert

 

  Une tête posée comme une délicatesse, épurée comme une figure réduite à quelques traits d’Aexej Jawlensky, est ce un bronze, est ce une terre crue, est ce un plâtre patiné, de fait c’est une œuvre de Barbara Soïa.

Par delà les techniques employées, le travail entrepris semble conduire la matière vers un silence recherché voire vers l’expression d’un silence ténu.    Ici, le cerne confie au regardant une ombre lumineuse; là, un écho de l’âme répond à un éclat soyeux. Certes une séduction première image les pleins et déliés de chaque pièce, mais une retenue sensuelle compense, redresse cette mise en regard. Deux lignes traversent ce travail : l’une avec enveloppements, brisures, hachures, drapés, l’autre avec une grammaire simplifiée, une syntaxe orientale en mode essence minimaliste et mystère. La prime partition convoque des formes nourries du tissu originel et de l’élévation.A la fois des crans d’arrêt, des échelons de traverse, des hoquets incantatoires qui animent le tempo vital du désir. La seconde fenêtre ouvre sur deux exemples .Premier exemple : au cœur d’un cadre stricte et monacal, le profil d’un sein offert à l’allaitement d’un tout jeune enfant. Ce dernier respire la vie, la satisfaction de l’instant, l’artiste réussissant à offrir les vibrations goulues d’un charme extatique. Second exemple : deux faces féminines exprimant par un seul œil chacune un même horizon. L’apparence les mène vers une unité tissée par la maîtrise créative, l’œil du dedans et l’œil du dehors croisant à la fois vers l’intime et l’infini. L’art réside plein poumons dans cette minutie insondable.

Dans son approche, Barbara Soïa distribue des forces souples et fermes, des passages d’un monde à l’autre…  Il y a chez ce sculpteur une continuité terre/pulsations/bronze/unisson.

André Duprat

 

 

Revue « Univers des Arts » :

Les sourires de terre de Barbara Soïa déroulent devant nous des souvenirs de figures mythiques venant d’autres âges.
A la fois si proches et si lointains, ils parviennent à relier le plus intime et le plus symbolique, unis dans la même vérité.
Les fragments de ces corps ne suggèrent aucune souffrance.
Ils soulignent la douceur d’une épaule, la courbe d’un visage, la ligne pure d’une bouche.
En permanence en recherche d’un équilibre impossible, ses sculptures oscillent entre un idéal sans cesse remis en question et un réalisme centré sur l’émotion.

Pourtant c’est la paix qui triomphe, peut-être malgré elle, dans les attitudes qu’elle impose à ses figures de femmes, mi-déesses, mi-femmes.

Barbara Soïa désire témoigner de sa propre humanité, dans ses contradictions, ses émerveillements, ses sentiments, ses beautés.

A fleur de matière, elle façonne, lisse, tout en caresses et en tendresse, des œuvres touchantes qui expriment l’intensité du dialogue qu’elle entretient avec l’imperceptible.
A se tenir en contemplation devant ses sculptures, nous percevons à notre tour un murmure d’intériorité.

Patrice de la Perrière.

 

Barbara Soia, une œuvre nous parle…

Installons les mots dans les draps blancs du silence et pénétrons l’œuvre de Barbara, à l’instar de la main-artiste qui « caresse » la pierre, pétrit la terre, et dévoile « à l’œil intérieur » l’empreinte des dieux à travers la représentation humaine que perçoit et façonne le sculpteur, au gré de ses possibles et de ses rêves…

Ici, au cœur de ces visages, de ces silhouettes évolutives, de ces corps tendus habite le Céleste. Barbara se meut dans l’espace spirituel de l’Art… Sa mémoire gestuelle arpente les chemins sinueux du temps en quête de la divine Vérité.

Ses sculptures sont Entités. Exactes mises en lumière de la vie et de la mort mêlées.

Les paupières lourdes, les pommettes saillantes, la chair scarifiée, les coiffures, les peaux sombres, les bijoux, les ventres creux, le sourire immense, les ombres retenues, les courbes contées, les regards perdus bouleversent l’être dans son ressenti. Face à tant de beauté, l’on comprend enfin que trop souvent exilés de l’humanité, névrosés à force d’apparences, de possession, nous avons oublié que le secret de toute éternité est l’Amour… qui nous survit…

Le talent, le génie de Barbara, c’est de savoir s’abandonner entièrement à cette intimité primitive avec la matière…

Sculpter n’est rien d’autre pour Barbara qu’invoquer l’âme de l’Univers… et parce qu’elle « silence » ses mystères, qu’elle tait ses tourments, les voix fragmentées du passé renouent, et s’élèvent – comme au premier jour – à l’unisson pour transcrire les signes d’une Renaissance… dans la paix et l’équité du Tout.

Laissons les mots entre les pages du Grand Livre… et Écoutons :
Une Œuvre nous parle…

Thalie Lescop-Boeswillwald,

 

Images du bonheur intime, ces visages aux yeux clos, au sourire qui s’ébauche dans le silence ne laissent pas indifférent. Intemporels, ils symbolisent la paix intérieure, une sorte de bonheur secret. Barbara Soïa confère à la terre les sentiments qui l’inspirent dans une œuvre où la figuration s’associe à une intelligente construction. Elle travaille la matière avec finesse, la modèle doucement et la lumière rayonne sur elle, la vivifie. Cette artiste touche au plus intime de l’être dans cette œuvre expressive et son art aux accents personnels trouve un écho en chacun.

Nicole Lamothe

 

 

 

Petite histoire d’une salle de classe

Barbara Soïa, sculpteur, dans la région depuis l’âge de 18 ans, fille de Vivian Oël, peintre, sculpteur, maître verrier, a deux enfants : Ophélie et Ezéchiel. Après avoir touché à la fresque, la peinture, la décoration, le théâtre, Barbara a choisi de s’exprimer au travers de la terre depuis une quinzaine d’années.

Elle expose son travail dans diverses expositions et galeries.

On peut voir une de ses sculptures, qu’elle a offerte à la ville lors de la cérémonie des vœux 2006, à la médiathèque.

Après avoir assisté avec grand plaisir à quelques conférences et spectacles organisés par « Olympes », j’ai eu  l’occasion de rencontrer Monique Largeron qui dynamise cette association. Une amitié est née. J’étais à la recherche d’un atelier, Joël Thépault, sculpteur poète, quittait l’atelier de l’école de Biennac…

La municipalité m’a accordé le privilège de venir m’y installer.

Et puis voilà… pour la première fois de ma vie, je rentrais dans une classe avec plaisir.

Le plaisir d’y installer mon fouillis sans réprimande, d’y travailler à n’importe quelle heure sans surveillance, laisser rentrer toute la lumière par les grandes fenêtres sans la stopper par l’ennui.

Écouter de la musique ou du silence, grignoter des biscuits, boire du thé sans réflexion : « Barbara, ça ne vous dérange pas que l’on fasse la classe pendant que vous… ? ! »

Un endroit protégé, propice à la création. J’y modèle des sculptures en terre qui seront transformées en bronze. J’essaye d’y approcher doucement, lentement, respectueusement quelque chose… de toucher, de partager la grâce…

 B S